Réception des travaux : pourquoi cette étape est déterminante en cas de litige ?
Publié le :
22/07/2026
22
juillet
juil.
07
2026
La réception des travaux est souvent perçue comme une simple étape administrative venant clôturer un chantier.
Pourtant, lorsqu'un désordre apparaît ou qu'un litige oppose les parties, cette phase prend une importance toute particulière.
Sa mise en œuvre, son formalisme ou encore les circonstances dans lesquelles elle intervient peuvent avoir des conséquences majeures sur l'issue d'un contentieux en droit de la construction.
Qu’est-ce que la réception des travaux ?
La réception des travaux marque la fin d’un chantier. C’est à cette occasion que le constructeur et le maître de l’ouvrage (ainsi que le maître d’œuvre, s’il existe) se réunissent pour inspecter la construction réalisée et consigner les éventuelles réserves qui pourraient apparaître.
Une fois la réception dûment finalisée, le maître de l’ouvrage pourra prendre possession des lieux et commencer à utiliser son bâtiment comme bon lui semble (habitation, commerce…).
C’est également à ce moment que les garanties légales commencent à courir.
Quels sont les types de réception des travaux ?
La réception des travaux peut être prononcée sous trois formes. Initialement, l’article 1792-6 du Code civil prévoyait que la réception pouvait être expresse ou judiciaire. Toutefois, les juridictions ont également admis la réception tacite.
- La réception expresse
La réception expresse est réalisée entre le constructeur et le maître de l’ouvrage.
Généralement, elle est matérialisée par un procès-verbal de réception faisant foi entre les parties, dans lequel sont consignées les éventuelles réserves ainsi que l’acceptation ou le refus du maître de l’ouvrage de prendre possession de la construction.
- La réception judiciaire
La réception judiciaire intervient généralement lorsqu’un litige survient entre les parties. La demande est alors introduite en justice.
La réception est prononcée par décision judiciaire.
- La réception tacite
La réception tacite est, par nature, difficile à appréhender en ce qu’elle ne résulte pas d’une acceptation claire de l’ouvrage, mais plutôt du comportement des parties.
La difficulté réside dans la recherche de la date à laquelle il y a eu une manifestation non équivoque de la volonté de recevoir l’ouvrage.
Par exemple, le paiement du prix des travaux, suivi d’une prise de possession des lieux par le maître de l’ouvrage, fait présumer une réception tacite du bien (Cass. civ. 3e, 18 avr. 2019, n° 18-13.734).
A contrario, le refus de paiement du solde des travaux ainsi que les protestations portant sur la qualité de la construction font obstacle à ce qu’une réception tacite soit prononcée, même en présence d’une prise de possession des lieux (CA Nîmes, 2e ch., 9 janv. 2025, n° 21/00550).
Quels sont les impacts de la réception des travaux sur l’ouvrage ?
La réception des travaux constitue le point de départ des garanties légales, à savoir :
- La garantie de parfait achèvement (1 an) ;
- La garantie biennale (2 ans) ;
- La garantie décennale (10 ans).
Ainsi, pour en bénéficier, le maître de l’ouvrage devra procéder à la réception des travaux. Dans le cas contraire, il ne bénéficiera pas des garanties légales, mais pourra seulement engager la responsabilité du constructeur en cas de malfaçons.
En effet, si des désordres sont présents à la fin des travaux, le maître de l’ouvrage peut être tenté de ne pas recevoir l’ouvrage.
Cette décision doit être mûrement réfléchie. En effet, si les désordres sont majeurs, il pourra être utile de les faire reprendre avant de prononcer la réception des travaux.
Toutefois, si la construction présente uniquement des défauts mineurs, ceux-ci peuvent être facilement couverts par la garantie de parfait achèvement, qui impose au constructeur de reprendre l’ensemble des désordres signalés par le maître de l’ouvrage durant la première année suivant la fin des travaux.
Le cabinet CAPORALE accompagne ses clients en cas de litiges en droit de la construction, tant dans la phase d’expertise que dans la gestion des contentieux.
Historique
-
CIVI : l'expertise ne suspend pas le délai de péremption
Publié le : 29/07/2026 29 juillet juil. 07 2026Droit des dommages corporelsEn matière d'indemnisation des victimes d'infractions, le ministère public doit être mis en mesure de donner son avis devant la CIVI comme devant la cour d'appel. Par ailleurs,...Source : www.lemag-juridique.com
-
Réforme du démarchage téléphonique au 11 août 2026 : vers un régime d’interdiction et la nullité des contrats irréguliers
Publié le : 29/07/2026 29 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit de la consommationLa prospection téléphonique entre dans une phase de rupture normative. À compter du 11 août 2026, le droit de la consommation substitue au mécanisme d’opposition un véritable ré...
-
Offre provisionnelle : le versement d'une provision ne suffit pas à échapper à la sanction du doublement des intérêts
Publié le : 29/07/2026 29 juillet juil. 07 2026Droit des assurancesLa Cour de cassation rappelle que le simple versement d'une provision ne saurait tenir lieu d'offre provisionnelle d'indemnisation au sens des articles L. 211-9 et L. 211-13 du...Source : www.lemag-juridique.com
-
Création d’un conseil de la simplification pour les entreprises
Publié le : 28/07/2026 28 juillet juil. 07 2026Droit des sociétésUn conseil de la simplification pour les entreprises, chargé de donner un avis sur les projets de texte qui instaurent ou modifient des normes ayant un impact technique, adminis...Source : cabinet-rs.expert-infos.com
-
Désignation d'un administrateur provisoire l'absence de syndic s'apprécie au jour du jugement
Publié le : 28/07/2026 28 juillet juil. 07 2026Droit immobilier / CopropriétéLa désignation d'un administrateur provisoire constitue une mesure exceptionnelle destinée à remédier à l'absence de syndic au sein d'une copropriété. Encore faut-il que cette s...Source : www.lemag-juridique.com
-
Réception des travaux : pourquoi cette étape est déterminante en cas de litige ?
Publié le : 22/07/2026 22 juillet juil. 07 2026RédactionLa réception des travaux est souvent perçue comme une simple étape administrative venant clôturer un chantier. Pourtant, lorsqu'un désordre apparaît ou qu'un litige oppose le...
-
Cass. 3e civ., 18 juin 2026 : encadrement strict de la procédure de l’article 19-2 de la loi du 10 juillet 1965
Publié le : 21/07/2026 21 juillet juil. 07 2026Brèves Juridiques / Droit immobilier et urbanismeEn matière de copropriété, le recouvrement rapide des charges impayées repose sur un mécanisme spécifique prévu par l’article 19-2 de la loi n° 65-557 du 10 juillet 1965, qui or...



