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Comment anticiper les servitudes pour éviter les litiges lors d’une division immobilière ?

Publié le : 27/05/2026 27 mai mai 05 2026

La division d’un immeuble constitue un moment décisif dans la structuration des droits réels attachés aux parcelles issues de l’opération. À cette occasion, des servitudes peuvent apparaître ou être révélées, conditionnant directement l’usage effectif des terrains et leur valorisation. Leur encadrement, strictement organisé par le Code civil, impose une vigilance particulière afin d’éviter des différends ultérieurs.

Comment la division d’un bien entraîne-t-elle la création de servitudes ?

Aux termes de l’article 637 du Code civil, la servitude correspond à une charge grevant un fonds au profit d’un autre fonds appartenant à un propriétaire distinct, pour son usage et son utilité (article 637 du Code civil, Legifrance). Lorsqu’un bien est divisé à l’occasion d’une vente partielle, d’un partage ou d’un lotissement, l’organisation des relations entre les nouvelles parcelles devient essentielle. Le Code civil distingue les servitudes découlant de la configuration naturelle des lieux, celles imposées par la loi et celles résultant d’un accord entre propriétaires. En pratique, dans une division parcellaire, ce sont principalement les servitudes conventionnelles qui doivent être prévues. La création de nouveaux fonds peut nécessiter l’aménagement d’un accès, d’un passage ou de réseaux afin d’assurer une utilisation normale de chaque terrain. Il importe également de différencier le droit de passage, qui constitue une servitude légale en cas d’enclavement, de la servitude de passage conventionnelle. Le propriétaire d’un fonds dépourvu d’accès à la voie publique peut réclamer un passage sur un fonds voisin conformément aux articles 682 à 685-1 du Code civil (Legifrance). À l’inverse, la servitude conventionnelle procède d’un accord, même en l’absence d’enclavement, et en précise librement les modalités.

Pourquoi les servitudes issues d’une division génèrent-elles des contentieux ?

Si les servitudes organisent durablement les rapports entre propriétaires voisins, leur mise en œuvre suscite fréquemment des litiges. L’aggravation de la charge constitue un premier foyer de contentieux. Le titulaire du fonds dominant doit exercer son droit conformément au titre constitutif et sans alourdir la contrainte pesant sur le fonds servant. Une intensification du trafic, l’usage de véhicules plus lourds ou un changement de destination peuvent être contestés. Les désaccords concernent également l’entretien. En principe, les frais incombent au bénéficiaire de la servitude, sauf stipulation contraire. L’imprécision du titre favorise alors les différends lors de travaux significatifs. Enfin, les aménagements réalisés sur l’un ou l’autre fonds ne doivent pas compromettre l’exercice normal de la servitude. Toute atteinte aux prérogatives du fonds dominant est susceptible d’engendrer une action judiciaire. L’anticipation, dès l’acte de division, demeure ainsi déterminante pour sécuriser l’opération et prévenir les conflits futurs.

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